
RECETTE : Granola cookies au beurre de cacahuète et chocolat noir
19/01/2026La Sicile, une odyssée gourmande
Entre soleil brûlant, marchés animés et parfums d’agrumes, la Sicile se découvre à travers ses plats autant que ses paysages. Des arancini croustillants aux cannoli fondants, chaque recette raconte un bout de l’histoire de cette île fière et métissée.
Bienvenue en Sicile, où la table est une fête et la cuisine, un héritage vivant.
Une île façonnée par les saveurs du monde
Sous le soleil éclatant de Sicile, l’air est chargé d’effluves de citron, de basilic et de friture. Dans les ruelles étroites, les cris des marchands se mêlent au cliquetis des casseroles : ici, on vit au rythme des marchés. Bienvenue sur la plus grande île de la Méditerranée, située à l’est de l’Italie, véritable carrefour des civilisations. Phéniciens, Grecs, Arabes, Normands, Espagnols… tous ont apporté leurs goûts, leurs épices, leurs traditions. Ce n’est qu’en 1860 que la Sicile devient italienne à part entière, mais sa cuisine, elle, garde l’accent du monde.
Sur les tables siciliennes, chaque plat est une leçon d’histoire. Une cuisine aux multiples influences, généreuse et populaire, qui se transmet de mère en fille, de grand-mère en petit-fils.
Des produits qui racontent le temps et la terre
Le vin coule en Sicile depuis les Phéniciens, et déjà les Grecs en faisaient l’éloge.
Difficile de résister à un verre de Nero d’Avola, rouge puissant, ou à un blanc sec et fruité, à déguster au pied de l’Etna, accompagné de charcuteries, de fromages et de légumes marinés.
La Sicile fut longtemps le grenier à blé des Romains, nourrissant la péninsule et inventant les fameuses pasta. Parmi elles, la plus emblématique : la pasta alla Norma, un plat haut en couleur à base d’aubergines, de tomates, de ricotta salée et de basilic frais.
Les Arabes ont apporté les agrumes, notamment le citron, et les amandes, qui ont donné la fameuse pâte d’amande, douce et parfumée. Les Espagnols, eux, ont introduit le safran, or rouge des cuisines siciliennes. Au centre de l’île, les collines se couvrent d’oliviers, de pistachiers et de figuiers de Barbarie. La pistache de Bronte, d’un vert éclatant, est l’une des plus recherchées au monde. Et même la culture du figuier de Barbarie, longtemps délaissée, renaît aujourd’hui grâce à des projets de développement durable.
Le matin, les Siciliens se contentent souvent d’un expresso corsé, avalé debout au comptoir, accompagné d’un cornetto, croissant nature ou garni de confiture, de crème ou de chocolat. Sobre, rapide, mais délicieux.
Des marchés hauts en couleur
La cuisine du marché est l’âme de la Sicile : abondante, bruyante et haute en couleur. À Palerme comme à Catane, les ruelles débordent de fruits gorgés de soleil, de poissons frais, de légumes, marinés, grillés et de cris joyeux.
Les arancini, grosses boulettes de riz croustillantes, se déclinent à l’infini : au ragù (viande-tomate-petits pois), au beurre, à la mozzarella ou aux légumes. Street food par excellence, on les mange chauds, à la main, entre deux étals.
Les pizzas, venues de Naples, sont servies le soir, cuites au feu de bois pour une pâte fine et croustillante. Et sur les étals, le poulpe est roi : grillé, mariné, en salade, ou tout simplement citronné.
Les marchés sont aussi un festival de couleurs et d’odeurs : le vert du basilic, le rouge des tomates, le violet des aubergines. Chaque produit raconte le soleil, la mer, la terre volcanique.
L’après-midi, les pâtisseries ouvrent leurs vitrines sucrées. On y trouve des gâteaux à base de crème, de pâte d’amande, de fruits confits ou de ricotta... à accompagner d’une boisson chaude ou froide. Dans les rues, les stands pressent des fruits ‒ en octobre, plutôt des oranges et grenades pour un concentré de fraîcheur en plein automne.
Un art de vivre gourmand
Dans les trattoria (petits restos familiaux) comme dans les ristorante (plus chics), les repas suivent le rituel italien en quatre temps : antipasti, primo, secondo et dolci.
Les antipasti en entrée sont composés de légumes marinés, arancini, sardines, fruits de mer ou charcuteries locales. Les primo piatto, ce sont des pâtes, sous toutes les formes ! Goûtez à la pasta con sarde (sardines, fenouil, raisins secs et pignons) ou à la busiate al pesto trapanese (pâtes torsadées au pesto d’amande et tomate). Ici, le pesto se prépare avec des pistaches et parfois des crevettes.
Les secondo piatto sont à base de poissons grillés, comme le rouget, le merlu ou les encornets, ou de viandes, toujours accompagnés d’un contorno, légumes crus ou cuits selon la saison.
Enfin, s’il reste de la place, arrivent les dolci : le moment tant attendu des desserts ! Les cannoli, tubes croustillants garnis de ricotta sucrée et de fruits confits ou pépites de chocolat, sont les plus célèbres. Mais la cassata, gâteau moelleux à base de ricotta, pâte d’amande et glaçage royal, est tout aussi irrésistible.
Ici, on ne mange pas : on célèbre. La cuisine est une langue, un héritage, une passion et chaque ville a sa recette, son marché, son histoire. Entre mer turquoise, volcans fumants et villages perchés, la Sicile offre un voyage gourmand et généreux. Et si vous y allez un jour… laissez-vous guider par votre nez et votre appétit !












